
Selon la police libanaise, il s’agit de la pire journée de bombardements depuis le début de l’offensive, le 12 juillet dernier. Samedi à l’aube, des commandos de la marine israélienne ont mené une opération contre le Hezbollah dans le port de Tyr. En milieu d’après-midi, trois Arabes israéliennes ont été tuées par la chute d’une roquette tirée par le mouvement chiite.
4.000 obus, 300 raids aériens. Depuis l’aube, l’offensive israélienne au Liban s’est accélérée. La police libanaise estime que ces bombardements sont les plus lourds depuis le début de l’offensive israélienne contre le Hezbollah, le 12 juillet dernier. Au moins deux civils ont été tués et 39 autres blessés.
Alors que les discussions se poursuivent au Conseil de sécurité de l’Onu, l’aviation israélienne a intensifié ses raids sur tout le pays. Selon un bilan du Haut comité de secours libanais publié samedi, les infrastructures du pays et l’habitat sont d’ores et déjà très lourdement atteints : 73 ponts, 72 bretelles routières et 6.800 habitations auraient été détruits.
Exemple de l'aggravation de la situation humanitaire dans un pays où 800.000 personnes ont été déplacées par le conflit, le ministre de la Santé, Mohamad Khalifé, a affirmé samedi que les hôpitaux du Liban ne disposaient plus que d'une semaine de carburant. En milieu d’après-midi, l’armée israélienne a toutefois annoncé avoir autorisé deux pétroliers à accoster au Liban pour fournir du carburant.
Le Liban-Sud sous les bombes
Les secteurs les plus visés samedi, selon la police libanaise, sont le sud et l'est de Tyr, ainsi que la localité d'Aaitaroun, près de la frontière israélienne, qui a été noyée en quelques heures sous 2.000 obus. Deux jeunes gens ont été tués dans un raid mené par un drone israélien armé, sur une route de l'est de Tyr.
Selon la police, une quinzaine de villages, distants d'environ 5 kilomètres de la frontière, sont systématiquement détruits par les bombardements. 14 blessés seulement ont été recensés car la quasi-totalité des habitants ont déserté la région. Mais l'aviation israélienne a largué samedi des tracts annonçant de nouveaux bombardements, notamment sur la ville de Saïda.
Poursuite de l’offensive terrestre
Au 25ème jour de l'offensive, lancée après la capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise, les incursions terrestres se poursuivent, plus à l'est, le long de cette frontière.
Des affrontements opposent samedi soir les soldats israéliens aux combattants du Hezbollah, aux abords du village frontalier d’Aita al-Shaab. Selon les chaînes arabes al-Arabiya et al-Jezira, un soldat israélien a été tué et six autres blessés. L'armée israélienne avait déjà annoncé la perte d’un soldat dans la nuit de vendredi à samedi dans le secteur de Taïbé, dans l'est de la zone des combats.
Israël a déployé au Liban-Sud environ 10.000 soldats pour tenter d'établir une zone de sécurité mais se heurte toujours à la résistance de la milice chiite. Les dirigeants israéliens affirment avoir besoin de plusieurs jours encore pour neutraliser le Hezbollah. Un responsable militaire a néanmoins affirmé samedi que ses forces contrôlaient désormais au Liban-Sud « une zone profonde de 5 à 8, voire 10 kilomètres ». Jeudi, l'armée israélienne avait indiqué avoir reçu l'ordre du ministre de la Défense, Amir Peretz, de se tenir prête pour une éventuelle prise de contrôle du Liban-Sud jusqu'au fleuve Litani, distant de 5 à 30 km de la frontière selon les endroits.
Opération commando à Tyr
Sur le terrain, les opérations ciblées contre le Hezbollah se multiplient. A l’aube, des commandos de marine israéliens ont mené une opération sur la ville portuaire de Tyr, à environ 80 kilomètres au sud de Beyrouth. L'armée israélienne a annoncé que huit de ses soldats avaient été blessés dans cette opération qui visait notamment des rampes de missiles du mouvement chiite.
Selon elle, un « grand nombre » d'hommes du Hezbollah ont été tués, dont quatre chefs responsables d'un tir de missile vendredi contre la ville israélienne de Hadera, à 40 kilomètres au nord de Tel-Aviv, la localité la plus éloignée jamais atteinte par un tir depuis le Liban. Le Parti de Dieu a au contraire assuré avoir fait échouer ce raid, tuant un assaillant et en blessant trois autres. La police a quant à elle annoncé la mort d'un militaire libanais. L'opération a été accompagnée par d'intenses bombardements de la région de Tyr, où des dizaines de localités du sud et de l'est de la ville, abandonnées par la grande majorité de leurs habitants, ont été la cible de raids aériens et maritimes.
Vendredi, l’armée israélienne a bombardé le village de Qaa, près de la frontière syrienne. Selon un nouveau bilan, les raids ont fait 28 morts, presque tous des ouvriers syriens. C'est la première fois qu'un nombre aussi important de Syriens sont victimes des bombardements israéliens au Liban.
Tirs de roquettes
Côté israélien, 170 roquettes tirées à partir du Liban-Sud se sont abattues samedi sur le nord du pays, a annoncé la police, tuant trois Arabes israéliennes ont été tuées et blessant 28 civils. Les trois personnes, une femme âgée de 68 ans et ses deux filles, ont été tuées dans le village d'Arab el-Aramcheh, dans le secteur ouest de la frontière alors qu’une roquette a frappé de plein fouet leur maison.
Dans la seule journée de vendredi, le Hezbollah a tiré 220 roquettes sur le nord de l’Etat hébreu. Depuis le début du conflit, plus de 2.700 roquettes ont été tirées sur le nord d'Israël provoquant un exode d'un quart de million d'habitants et tuant 33 civils, dont une dizaine d'Arabes israéliens.
Samedi soir, un ministre issu des rangs du mouvement chiite a annoncé que le Hezbollah cessera ses attaques le jour où l’Etat hébreu mettra fin à son offensive et où les soldats israéliens quitteront le territoire libanais.